Il est très important pour tout le monde de comprendre que la ressource
"bar" est en grand danger, non pas d'extinction absolue, c'est certain, mais de quasi disparition de nos côtes au train ou vont les choses...
Il ressort de nos observations au quotidien que nous sommes réellement dans le dramatique depuis une petite poignée d'années, nous sommes de par notre métier des
observateurs privilégiés de la ressource en bar (mais aussi sur de nombreux autres espèces comme le maigre), entre 150 et 200 jours par an sur l'eau à rechercher ces magnifiques poissons de
sport.
Notre action est d'essayer de favoriser une gestion mieux équilibrée de cette ressource dans laquelle tout le monde tape inconsidéremment sans se poser la question du
lendemain.
Une étude récente de l'Ifremer tend à démontrer que les prélevements de bars s'équilibreraient à peu près s'il l'on met d'un coté la
pêche de plaisance (ligne-filets amateurs) et de l'autre coté de la balance, la pêche professionnelle avec tous les corps de métier (ligneurs, fileyeurs,petits chalutiers et grosses unités
pélagiques...)
Le débat n'est evidemment pas de savoir si nous représentons 40%, 45%, ou 53%, ce qu'il faut retenir c'est que l'impact de chacun est important...
Ce qui ne figure pas dans les chiffres ceci dit, c'est aussi la grande quantité de poissons morts, jetés à l'eau par la grande pêche (que l'on peut considérer comme prélevements mais non
comptabilisés) , chose qui n'existe pas dans la pêche de plaisance...
Par contre, ce qu'il faut prendre en compte réellement, c'est l'impact économique de telle et telle activité car là il y a matière à discussion...
En effet, les petits métiers de la pêche professionnelle (ligneurs et petits fileyeurs du
jour) valorisent généralement très correctement leur pêche (lorsque les criées ne sont pas submergées par de gros arrivages) et présentent donc des caractéristiques d'activités durables.
Parallèlement à celà, l'effort de pêche des grosses unités pélagiques en période de frais du bar a de nombreuses conséquences dramatiques :
- Les poissons sont totalement dévalorisés puisque pêchés sur des périodes dites creuses ou les restaurateurs ne travaillent pas beaucoup.
- Dévalorisés puisque pêchés en quantité énormes d'un seul coup, bilan : pas de vente ou peu et donc les quantités sont payés à un prix de retrait en criée aux patrons de pêche qui
tourne aux alentours des 3 euros...
- Dramatique aussi bien sur parce que ces poissons auraient pu pondre un mois plus tard une quantité phénoménale d'oeufs en mer
- Dramatique également car du coup les petits métiers de la pêche qui soignent leurs poissons, qui proposent une "came" de haute qualité n'en retirent pas les bénéfices escomptés puisque
le marché est inondé de bars "bas de gamme".
- Dramatique enfin , parce que celà met en péril "la filière plaisance"dont l'impact économique est énorme, qu'il est très fragile, en adéquation directe avec la ressource
halieutique....
Si l'on met en parallèle tout ce que la plaisance brasse comme argent pour pêcher un poisson, on arriverait
à des sommes proche des 4 milliards d'euros dépensés pour une quantité de bars selon l'ifremer proche de 5600 tonnes par (+ ou - 2000 quand même) soit rapporté au kilo de bar donne 714 euros le
kilo !!! Ca fait cher mais l'état sait que quelque part beaucoup de monde vit là dessus !
Ces chiffres sont un peu à la louche, certes mais là encore l'ordre d'idée parle suffisamment pour être entendu.
Nous nous expliquons brièvement sur les 4 milliards : celà représente les dépenses induites directement et indirectement par la pêche du bar :
Le matériel bien sur (cannes , moulinets, leurres etc), l'achat des bateaux (le nautisme), les hébergements, hotels, restaurants, essence, péages pour les non-locaux
qui pratiquent la pêche en mer (notamment avec des guides qui font venir des gens de tout le territoire)
Si demain (et on se rend compte déjà qu'on
en prend le chemin), les gens arrêtent la pêche en mer, une grosse machine s'écroulera, nautisme, matériel de pêche divers, guides de pêche evidemment et finalement la pêche professionnelle avec,
donc on est bien dans une gestion à très court terme pour ne froisser personne, cet attentisme est très mal ressenti de nous tous, guides, qui savont que tout celà est en train de
s'effondrer...
Un bon exemple de gestion bien récupérée est celle du bar rayé aux states qui était au bord de l'extinction et qui aujourd'hui refait vivre une économie
phénoménale. (l'article en PDF)
Il n'y a dans cet article , aucune condamnation particulière, notamment contre les
chaluts pélagiques (lorsqu'ils n'outrepassent pas leurs droits), nous sommes avec nos amis les pêcheurs professionnels et notamment les petits métiers de la pêche assis sur la même
branche et nous tomberons tous au même moment si rien n'évolue très vite.





Ce blog est tout neuf (samedi 27 mars), tout est à mettre en place, nous vous
invitons , guides de pêche en mer, à vous faire connaitre auprès de nous pour figurer dans le listing d'une part, pouvoir poster à votre tour des informations ou tout article sur les thèmes
qui nous préoccupent à savoir le niveau actuel de la ressource en bars mais aussi en autres poissons d'autre part.

Cette limite que nous connaissons aujourd’hui est globale, ce
qui veut dire qu’il n’est pas fait de différence entre le fait qu’on prélève une espèce en danger ou une espèce dont les stocks se portent bien. En gros, qu’une espèce aille bien ou mal, le
concept de “consommation familiale” permet à chaque pêcheur de capturer autant d’individus de cette espèce qu’il juge que les consommateurs de sa famille pourront en absorber. Le congélateur
(premier ennemi du poisson) aidant, la consommation familiale peut correspondre, chez certains individus à des quantités de poissons assez conséquentes. Ce concept trouve donc ses limites dès
lors qu’il ne permet pas de réguler autrement que par la conception que le pêcheur se fait de cette définition le prélèvement qui lui est autorisé pour une espèce en danger.
Je vois déjà venir la réponse qui vous brule les lèvres : “ça ne servira à rien car il n’y aura pas de contrôles”. Bien sur, il y a du vrai là
dedans. La volonté de contrôler les pêcheurs plaisanciers en France est loin d’être évidente et un règlement non soumis à contrôle, va perdre énormément en efficacité. Admettons ! Ca ne me fera
pas changer d’avis sur la position (majoritaire chez les plaisanciers et leurs représentants) qui consiste à se réfugier derrière cette prétendue inefficacité des contrôles pour rejeter une mise
en place de quotas chiffrés. J’y vois avant tout un argument facile, et profondément fallacieux derrière lequel se rangent de nombreux défenseurs de la liberté qu’ils veulent garder de
prélever sans contraintes et donc de mettre à mal la ressource à leur échelle, aussi petite soit-elle.
Seconde
nuance : quand bien même les contrôles seraient inexistants ou insuffisants, la mise en place d’un cadre légal serait-elle pour autant inefficace ? Est ce que seule la peur du gendarme nous
pousse à un respect des lois ? Prenons l’exemple du bar et de la taille actuelle de 36 cm sur la façade atlantique. Cette TLC est très peu contrôlée et pourtant une partie des plaisanciers la
respecte. Je passe plus de 80 jours par an en mer depuis 10 ans et je n’ai jamais été contrôlé. Ne me dites pas que c’est la peur du gendarme qui fait que beaucoup d’entre nous respectent cette
taille. Considérer une loi dans son expression répressive seulement est foncièrement stupide tant ses aspects informatifs et éducatifs sont importants. Sur la route, il y a des portions
limitées à 90 où jamais vous ne croiserez un flic ou un radar… certains d’entre nous y roulerons à 130, d’autres respecterons la vitesse de 90 km/h en se disant que si la limite des 90 a été
fixée c’est qu’il est peut être dangereux d’y rouler plus vite. De la même façon, si on disait par exemple que le quota de morues en 2010 était de 10 poissons par jour et par bateau, certains le
dépasseraient probablement mais beaucoup le respecteraient et apprendraient au passage que la morue est un poisson pour lequel des prélèvements massifs représentent un danger. S’il existe une
limite c’est que son dépassement pourrait poser problème non ?