Partager l'article ! Que des vérités !!: Un article exceptionnellement bien écrit de Nicolas Cadiou (pechaubar.com) Consommation familiale ...

Témoins privilégiés de la disparition progressive de la ressource, par notre présence sur l’eau plus de 200 jours par an, et conscient de notre rôle éducatif envers le grand public, nous avons décidé de nous mobiliser pour un partage durable de la pêche..
Ce partage doit se faire au bénéfice du plus grand nombre, pêcheurs professionnels et pêcheurs récréatifs.
Nous prenons des engagements collectifs que vous pourrez découvrir plus loin et nous militons pour une réduction de l’effort de la pêche récréative afin que celle–ci puisse être partagée par un plus grand nombre et que nos enfants puissent éventuellement en profiter.
Les acteurs :La Fédération Française des Moniteurs Guides de Pêche , charles henri canto, arnaud de
wildenberg, bertrand gaujé,Daniel Nicolet, laurent condou, pascal capitaine, olivier journaux, yannick deslandes, sebastien gas, david doussot, Bertrand Fenart,Ollivier Berry, Jean-pierre
Laurens,Jerome Rabin,Robert Menquet,christophe lhamas,Jean claude Nicol, alexandre tallut,Jean christophe Lanchier, franck choron, manu grimonprez, michel dupont, philippe sirop.....liste à
compléter bien sur !!..
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Devant la gravité de la situation, nous souhaitons que soient instaurées, au plus vite, trois mesures évoquées pour la pêche récréative à l’occasion du Grenelle de la Mer
En effet, nous ne comprenons pas qu’on laisse perdurer la pêche pendant la période de reproduction : ce non sens de la confiscation de la ressource par une minorité de pêcheurs avec souvent comme issue finale. : « Pêcher pour Jeter » car le marché n’est pas capable d’absorber la somme des poissons débarqués…
La solution la plus efficace pour faire taire cette aberration serait de supprimer tout simplement « le prix de retrait ».
En parallèle, nous soutenons une pêche professionnelle durable, entre autres : la pêche artisanale pour trois raisons :
Nous nous engageons à titre personnel à appliquer ces mesures dès à présent, car de toute façon, c’était déjà le cas pour la plupart d’entre nous !
Un article exceptionnellement bien écrit de Nicolas
Cadiou (pechaubar.com)
Consommation familiale ou quotas dédiés ?
Par Nicolas Cadiou (as. Nico29/44 sur le forum)
Cette année, j’ai pris la décision de
moins intervenir sur le forum dans les discussions qui traitent des problèmes de la ressource. Je pense avoir maintes fois donné mon avis (qui n’a pas changé) sur les différentes
questions et ça me fatigue de ressasser la même scène une fois de plus. Cela dit vous êtes plusieurs à m’avoir suggéré d’intervenir dans le cadre d’une intéressante discussion sur la question
des quotas. Plutôt que de le faire sur le forum, je vais le faire via cet article
qui gardera de la visibilité un peu plus longtemps.
La base : aujourd’hui, légalement la limite
légale de prélèvement pour les pêcheurs de loisir en mer est exprimée ainsi : “…est autorisée comme pêche maritime de loisir la pêche dont le produit est destiné à la consommation
exclusive du pêcheur et de sa famille et ne peut être colporté, exposé à la vente, vendu sous quelque forme que ce soit, ou acheté en connaissance de cause.” J’utiliserai plus bas dans
cet article l’expression “consommation familiale” pour faire référence à cela.
Cette limite, garante d’un droit fait à tout pêcheur plaisancier de nourrir sa famille du produit de sa pêche, est incontestablement une base respectable. Cela dit
l’état de la ressource se dégradant tandis que le nombre de pêcheurs récréatifs et leurs impacts augmentent fortement. Il est aujourd’hui d’actualité de se demander si cette limite de
“consommation familiale” n’est pas trop large et ne représente pas un danger pour la ressource. En d’autres terme, il est question de savoir si cette délimitation héritée d’une ordonnance
royale de 1681 n’a pas fait son temps et surtout de savoir si elle est bien en corrélation avec les problèmes que connait la ressource aujourd’hui.
Vous l’aurez compris, je suis plutôt de l’avis que cette fameuse “consommation familiale” gagnerait à
être remplacée par une limite plus en phase avec l’état inquiétant de la ressource. Je passe très vite sur le problème inquiétant du prélèvement des pêcheurs professionnels, ce n’est pas
le sujet du jour. Retenons simplement que si, dans une approche générale d’impact sur la ressource, ils sont bien plus responsables que nous de sa diminution, nous participons nous aussi de façon
significative aux prélèvements des espèces auxquelles nous nous intéressons le plus. Si l’on prend le cas du bar en France par exemple, notre part sur les prélèvement est alors sensiblement
identique à celle des professionnels. Nos impacts sur le lieu, le maquereau ou la dorade sont également considérables et méritent d’être sérieusement pris en compte dans une optique de gestion de
la ressource. Mais revenons-en au sujet précis d’un cadre à nos prélèvements.
Cette limite que nous connaissons aujourd’hui est globale, ce
qui veut dire qu’il n’est pas fait de différence entre le fait qu’on prélève une espèce en danger ou une espèce dont les stocks se portent bien. En gros, qu’une espèce aille bien ou mal, le
concept de “consommation familiale” permet à chaque pêcheur de capturer autant d’individus de cette espèce qu’il juge que les consommateurs de sa famille pourront en absorber. Le congélateur
(premier ennemi du poisson) aidant, la consommation familiale peut correspondre, chez certains individus à des quantités de poissons assez conséquentes. Ce concept trouve donc ses limites dès
lors qu’il ne permet pas de réguler autrement que par la conception que le pêcheur se fait de cette définition le prélèvement qui lui est autorisé pour une espèce en danger.
Heureusement, il existe des solutions légales quand un stock est vraiment menacé… on retiendra l’exemple des quotas voués à la plaisance mis en place sur le thon rouge ou encore le cas des
limites dédiées à la morue, à la plie et à la sole dans la manche et la mer du nord. Ce type de mesure vient contredire, ou plutôt remplacer de façon plus restrictive, la limite originelle de la
consommation familiale. De nombreux acteurs s’entendent sur le fait que des quotas spécifiques (par espèce) mis à jour périodiquement seraient plus simples à mettre en place et à contrôler. Ils
seraient, de fait, plus lisibles qu’une mesure faisant exception à la règlementation générale et souffrant d’un manque cruel de lisibilité. En bref, avec notre système actuel et même quand une
mesure d’exception vient placer une limite claire et nette, il est très difficile de faire connaître et donc respecter celle-ci aux pêcheurs de loisir. Un listing de quotas spécifiques qui
viendrait en remplacement du concept de consommation familiale aurait le double avantage de mieux coller aux disparités spécifiques ainsi que d’offrir une meilleure lisibilité des restrictions
sur les espèces en réel danger.
Je vois déjà venir la réponse qui vous brule les lèvres : “ça ne servira à rien car il n’y aura pas de contrôles”. Bien sur, il y a du vrai là
dedans. La volonté de contrôler les pêcheurs plaisanciers en France est loin d’être évidente et un règlement non soumis à contrôle, va perdre énormément en efficacité. Admettons ! Ca ne me fera
pas changer d’avis sur la position (majoritaire chez les plaisanciers et leurs représentants) qui consiste à se réfugier derrière cette prétendue inefficacité des contrôles pour rejeter une mise
en place de quotas chiffrés. J’y vois avant tout un argument facile, et profondément fallacieux derrière lequel se rangent de nombreux défenseurs de la liberté qu’ils veulent garder de
prélever sans contraintes et donc de mettre à mal la ressource à leur échelle, aussi petite soit-elle.
Je ne vais pas m’éterniser ici sur la question des contrôles, seulement présenter deux nuances à cette idée que les contrôles seraient inefficaces. La première de ces nuances vient d’une
discussion que j’ai eue avec plusieurs personnes travaillant aux affaires maritimes. Je leur ai posé une question toute simple. “Pourquoi ne contrôlez vous pas les quantités débarquées par les
plaisanciers ?”. A chaque fois leur réponse a été à peu près la suivante : “parce qu’on ne peut rien faire”. En creusant un peu le sujet, j’ai appris qu’un gars qui revient avec un bateau
débordant de poissons ne risque pour ainsi dire absolument rien… le concept de consommation familiale pouvant être interprété de bien des façon, il est impossible de condamner quelqu’un si une
limite précise n’est pas attribuée au prélèvement. Ca je m’en doutais, on passe donc à la question suivante “et s’il y avait une limite claire et nette au prélèvement, est ce que vous
contrôleriez ?”. Ici aussi même son de cloche chez les personnes interrogées qui me sortent l’exemple de la pêche de l’ormeau qui, elle, est soumise à un quota… “c’est certain qu’on manque de
moyens, mais on essaie d’être présents et au moins on peut sanctionner de façon claire et nette”… Un bon point pour nos chers contrôleurs. S’il y a un quota fixe, ils
peuvent sanctionner donc sont présents sur le terrain, les condamnation pour dépassement de quota d’ormeaux sont fréquentes et généralement assez salées… alors qui a dit qu’un quota ne
changerait rien aux contrôles ?
Seconde
nuance : quand bien même les contrôles seraient inexistants ou insuffisants, la mise en place d’un cadre légal serait-elle pour autant inefficace ? Est ce que seule la peur du gendarme nous
pousse à un respect des lois ? Prenons l’exemple du bar et de la taille actuelle de 36 cm sur la façade atlantique. Cette TLC est très peu contrôlée et pourtant une partie des plaisanciers la
respecte. Je passe plus de 80 jours par an en mer depuis 10 ans et je n’ai jamais été contrôlé. Ne me dites pas que c’est la peur du gendarme qui fait que beaucoup d’entre nous respectent cette
taille. Considérer une loi dans son expression répressive seulement est foncièrement stupide tant ses aspects informatifs et éducatifs sont importants. Sur la route, il y a des portions
limitées à 90 où jamais vous ne croiserez un flic ou un radar… certains d’entre nous y roulerons à 130, d’autres respecterons la vitesse de 90 km/h en se disant que si la limite des 90 a été
fixée c’est qu’il est peut être dangereux d’y rouler plus vite. De la même façon, si on disait par exemple que le quota de morues en 2010 était de 10 poissons par jour et par bateau, certains le
dépasseraient probablement mais beaucoup le respecteraient et apprendraient au passage que la morue est un poisson pour lequel des prélèvements massifs représentent un danger. S’il existe une
limite c’est que son dépassement pourrait poser problème non ?
Imaginez que la limitation de vitesse sur les routes soit exprimée de la façon suivante “est autorisée comme vitesse maximale de circulation celle à laquelle vous ne mettez pas les
autres en danger…” Est ce que dans ce cas vous imaginez dans quelle galère se trouveraient les policiers et les gendarmes pour encadrer la circulation et mettre des PV ? Imaginez qu’un
tel texte, vieux de plus de 300 ans (à l’époque où seules des charrettes empruntaient nos routes) soit toujours d’actualité. Imaginez enfin qu’une majorité de conducteurs et que les
fédérations de conducteurs défendent coute que coute ce droit à être chauffard… transposez ça au petit monde de la pêche récréative en mer et vous aurez une belle vision de ce à
quoi le conservatisme et l’individualisme peuvent nous conduire en matière de gestion des ressources.